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Leadership & gestion
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Remplacer un employé : pourquoi la vraie erreur se fait avant même le premier affichage

Un employé annonce son départ. Vous avez beaucoup de choses à gérer en même temps : la transition, le moral de l’équipe, les dossiers à transférer. Et quelque part dans tout ça, il y a cette pression de combler le poste rapidement. On comprend. On le voit chaque semaine chez les dirigeants de PME qu’on accompagne.

Mais cette pression-là mène souvent à une décision automatique, presque réflexe : on ressort la description de poste publier lors de la dernière embauche, on change la date, on met à jour le salaire, et on publie. Vite fait. Et c’est précisément là que tout peut mal tourner, bien avant que le premier candidat soumette sa candidature.

Le piège du copier-coller en recrutement

Une description de poste, ce n’est pas un document anodin. C’est le reflet de ce que votre organisation avait besoin à un moment précis de son histoire. Quand votre dernier employé a été embauché, votre entreprise ressemblait peut-être à quelque chose de très différent de ce qu’elle est aujourd’hui.

Vous aviez peut-être dix employés. Maintenant vous en avez vingt-cinq. Certaines tâches qu’il faisait ont été absorbées par d’autres membres de l’équipe. De nouveaux logiciels ont changé la façon de travailler. De nouvelles priorités stratégiques ont vu le jour. Et pourtant, la description de poste parle encore des responsabilités d’il y a sept ans.

Résultat : vous cherchez un profil qui ne correspond plus à ce dont vous avez réellement besoin. Et quand vous finissez par embaucher quelqu’un, il se retrouve dans un rôle mal défini, avec des attentes floues, dans une organisation qui a évolué sans que son poste l’ait suivi. Ça, c’est une recette pour un départ dans les six à dix-huit mois.

Se poser la vraie question avant d’afficher

Avant de parler de candidats, de salaires ou de plateformes d’affichage, il y a une question à se poser honnêtement : est-ce que ce poste existe encore, tel qu’il était?

Cette question paraît simple. Elle ne l’est pas. Elle demande de prendre du recul, de regarder comment l’équipe fonctionne vraiment aujourd’hui, quels sont les vrais besoins de l’organisation pour les deux ou trois prochaines années, et comment ce rôle s’inscrit dans tout ça.

Parfois, la réponse c’est oui, le poste est encore pertinent, mais les responsabilités ont changé. Parfois, c’est non, et ce dont vous avez besoin, c’est d’un rôle complètement différent. Et parfois, c’est la question même qui révèle quelque chose de plus profond : un problème de structure, un manque de clarté dans les responsabilités, ou une occasion de redistribuer les forces autrement dans votre équipe.

Nous accompagnons des PME québécoises depuis des années, et on peut vous dire que les recrutements qui fonctionnent le mieux commencent toujours par cette étape de réflexion. Pas par l’affichage.

Ce que ça coûte de sauter cette étape

On parle peu des coûts réels d’un mauvais recrutement. Pourtant, les chiffres sont là. Une embauche ratée dans un poste de gestion ou de coordination peut coûter entre une et deux fois le salaire annuel du poste, quand on additionne le temps de recrutement, la formation, la perte de productivité et le recommencement du processus.

Mais au-delà du montant, il y a quelque chose de plus difficile à chiffrer : l’effet sur l’équipe. Un employé qui quitte après un an parce que le rôle n’était pas clairement défini, ça laisse des traces. Sur la motivation des collègues, sur la confiance envers la direction, sur l’ambiance générale.

Prendre le temps de bien définir le poste avant de recruter, ce n’est pas un luxe. C’est ce qui fait la différence entre un recrutement qui tient dans le temps et un autre qui revient vous hanter dans dix-huit mois.

Mieux vaut partir du bon endroit

La prochaine fois qu’un employé quitte votre organisation, résistez à l’envie d’aller chercher son jumeau. Prenez plutôt le temps de regarder où vous en êtes vraiment, où vous voulez aller, et quel type de personne vous aidera à y arriver.

Ce n’est pas forcément long. Mais c’est une étape qui change tout. Et c’est exactement le genre de réflexion qu’on aime faire avec les dirigeants qu’on accompagne, parce qu’un bon recrutement commence bien avant le premier affichage.

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Annie Morin
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